Message aux contribuables de Saint Jean d'Illac

Le concert « Illac en Scène » prévu le 6 juillet a été annulé et coûtera 80.000 euros à vos impôts, de l'estimation même du maire. Il nous faut en effet payer la communication déjà réalisée et honorer au moins en partie les engagements pris envers les artistes.

C'est sans compter toutefois le temps passé par les agents de la commune pour la préparation de ce concert qui n'aura donc pas lieu. Le coût supporté par nos impôts est donc largement supérieur à 80.000? !

Selon les prévisions de fréquentation, la perte finale aurait été au moins trois fois plus importante. Le maire peut donc tenter de faire passer cette décision d'annulation pour une victoire et un acte de grand courage. Et son adjoint aux finances peut donc se répandre sur le fait qu'on ne parle « que de 1,22% des dépenses de fonctionnement de la ville ».

C'est vrai mais la comparaison n'est pas la bonne : ces 80.000 euros doivent être comparés aux 250.000 du budget alloué aux associations par notre commune chaque année. On ne parle donc vraiment pas de l'épaisseur du trait !

Comme à son habitude, le maire a immédiatement identifié les coupables. Mais cette fois-ci, Monsieur « C'est-pas-ma-faute » ne pouvait accabler ni l'héritage de son prédécesseur Jacques FERGEAU, ni les décisions d'Emmanuel MACRON.

Les coupables selon notre maire, c'est nous : les ILLACAIS-ES ! Comme il est indiqué sur la page Facebook de la ville, nous n'avons pas montré un « engouement » suffisant pour David Hallyday et Nolwenn Leroy.

Comme si seuls les Illacais étaient susceptibles de s'intéresser à ces artistes de premier plan...

Annonce de l\'annulation du concert du 6 juillet sur la page Facebook de Saint Jean d\'Illac
Annonce de l'annulation du concert du 6 juillet sur la page Facebook de Saint Jean d'Illac

Si une décision simple et efficace était pourtant à prendre, c'était celle de ne pas organiser le concert Illac en scène, pour les mêmes raisons qu'en 2018.

Les véritables raisons, nul ne les ignore : des coûts disproportionnés au regard des moyens de notre ville, une fréquentation incertaine entraînant un risque financier significatif, un « festival » qui n'a d'autre ambition que de permettre au maire de faire des selfies avec quelques vedettes alors qu'en même temps on exige des économies drastiques de chaque service de notre mairie (hormis le cabinet du maire et la communication).

Si le maire voulait dépenser intelligemment 80.000 euros, il pouvait interroger nos associations illacaises. Nous parlons là des associations historiques qui animent notre commune, qui accompagnent nos jeunes... et non de l'association transparente créée à l'initiative des élus pour la promotion musicale du maire.

Nos associations n'auraient eu aucun mal à imaginer quel usage elles auraient pu proposer avec une telle somme, elles qui peinent à faire entendre leurs besoins ou à juste faire respecter des engagements pris.

Il suffisait donc que le maire écoute des avis et des analyses différents des siens, la concertation étant la base de toute bonne gestion de l'argent public.

Mais qui ce maire écoute-t-il ?

Qui inspire les projets de Saint Jean d'Illac hormis sa folie des grandeurs ?

La folie des grandeurs en trois exemples

"Illac en Scène" n'est pas la seule des folies d'un maire qui joue avec les impôts des ménages et des entreprises illacaises...

Avialand

Le maire est parti au salon du Bourget pour y jouer le VRP de son projet « Avialand » qui vise à accueillir à Saint Jean d'Illac le Conservatoire Air et Espace d'Aquitaine (CAEA).

À date, ce projet n'est pas financé : le maire dit chercher des PME intéressées, on ne sait pas si elles existent, mais pas d'inquiétude puisque, à la fin, c'est nous, les contribuables, qui comblerons les déficits.

Pourtant, les collections du CAEA disposent déjà d'un futur hébergement, au sein du projet TARMAQ acté en 2018 et qui, lui, est financé par Thalès, Dassault, Sabena Technics... avec le soutien de la région, de Bordeaux Métropole et de Mérignac.

L'« Avialand » illacais (non financé) est donc bien concurrent du projet TARMAQ (financé), contrairement aux allégations de notre maire. Qui aura toutefois pu se détendre au Bourget.

Le maire de Saint Jean d\'Illac au salon du Bourget
Le maire de Saint Jean d'Illac au salon du Bourget

Mondi-Lembacel

La préemption de l'ancienne usine « Mondi Lembacel », une acquisition à 1,6 millions d'euros (via la Communauté de communes, ce qui reste les impôts des ménages et entreprises illacaises).

Où sont les emplois et le village artisanal prétextés pour une telle acquisition ?

Pourquoi le maire n'a-t-il pas chiffré les coûts de désamiantage du site ?

Pourquoi le maire était-il prêt à surenchérir de 200.000 euros pour éviter de recourir à ce droit de préemption s'il ne savait déjà que celui-ci était non fondé ?

Nouvelle salle Quérandeau

Voici le projet ultime digne de Pharaon avec son budget dépassant 5,8 millions d'euros, ses 14 mètres de haut, sa capacité stratosphérique de plusieurs centaines de places et son parking de 45 places, ses futurs coûts de fonctionnement abyssaux...

On comprend mieux pourquoi ce maire est obsédé par les constructions à un étage et surtout pas plus : il ne faudrait pas que des Illacais aient l'outrecuidance de vivre plus haut que la pyramide d'Hervé SEYVE.

Contre ces excès : Mobilisons-nous !

Il est temps de nous mobiliser, au-delà des débats sur Facebook et sur les blogs de quelques-uns.

Il est temps de nous mobiliser, entre Illacais de bonne volonté, de créer une nouvelle gouvernance, indépendante des partis politiques, en surmontant nos divisions passées pour travailler, ensemble, à la réussite de Saint Jean d'Illac.

Il est temps de nous mobiliser, de réévaluer les besoins réels des Illacais et d'y répondre à la mesure d'un budget soutenable, au service des habitants et entreprises de notre territoire.


texte publié par
Patrick BABAYOU
4 JUILLET 2019

 


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